Méthodes de détection

Comment détecte-t-on une exoplanète ?

Une exoplanète est des millions de fois moins lumineuse que son étoile, et presque toujours trop proche d'elle pour être vue séparément. Les astronomes la repèrent donc le plus souvent de manière indirecte, par ses effets sur la lumière ou le mouvement de l'étoile. Chaque méthode a ses biais : ensemble, elles dessinent une image encore incomplète des systèmes planétaires.

Schéma de la méthode du transit Une petite planète passe devant le disque de son étoile. En dessous, la courbe de luminosité de l'étoile présente un creux pendant le passage de la planète. Luminosité Temps transit

4 785 planètes découvertes · 74,2 % du catalogue

Transit

Lorsqu'une planète passe devant son étoile, elle en masque une infime partie. La baisse de luminosité, répétée à chaque orbite, trahit sa présence.

La profondeur du transit donne le rayon de la planète par rapport à celui de l'étoile, et l'intervalle entre deux transits donne la période orbitale. Les missions Kepler et TESS ont découvert ainsi la majorité des exoplanètes connues.

Forces

  • Mesure le rayon de la planète.
  • Permet d'étudier l'atmosphère par spectroscopie de transmission.
  • Se prête aux grands relevés photométriques automatisés.

Limites

  • Ne fonctionne que si l'orbite est vue presque par la tranche.
  • Favorise les planètes proches de leur étoile, aux transits fréquents.
  • Une étoile double à éclipses peut imiter un transit : une confirmation est nécessaire.
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Schéma de la méthode des vitesses radiales L'étoile et sa planète tournent autour d'un centre de masse commun. L'étoile oscille vers l'observateur puis s'en éloigne, ce qui produit une variation sinusoïdale de sa vitesse mesurée. vers l'observateur Vitesse de l'étoile s'éloigne : décalage vers le rouge s'approche : décalage vers le bleu

1 204 planètes découvertes · 18,7 % du catalogue

Vitesse radiale

Une planète et son étoile tournent autour de leur centre de masse commun. L'étoile oscille légèrement, ce qui décale périodiquement les raies de son spectre par effet Doppler.

L'amplitude de l'oscillation donne une masse minimale, notée M sin i, car l'inclinaison de l'orbite reste généralement inconnue. C'est cette méthode qui a révélé 51 Pegasi b en 1995.

Forces

  • Donne une estimation de la masse, au moins minimale.
  • Fonctionne pour la plupart des inclinaisons d'orbite.
  • Combinée au transit, permet de calculer la densité.

Limites

  • Ne fournit qu'une masse minimale sans connaître l'inclinaison.
  • Favorise les planètes massives et proches de leur étoile.
  • L'activité de l'étoile, comme les taches, peut imiter un signal.
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Schéma de l'imagerie directe La lumière de l'étoile est bloquée par un masque de coronographe, ce qui laisse apparaître un point lumineux faible à l'écart : la planète. masque planète La lumière de l'étoile est bloquée par un coronographe

98 planètes découvertes · 1,5 % du catalogue

Imagerie directe

Il s'agit de photographier la planète elle-même en masquant la lumière de son étoile, souvent des millions de fois plus brillante.

Coronographes, optique adaptative et traitement d'image isolent la faible lueur infrarouge de jeunes planètes géantes, encore chaudes et éloignées de leur étoile.

Forces

  • Recueille directement la lumière de la planète.
  • Permet d'analyser son atmosphère et de suivre son orbite.
  • Accède aux orbites larges, difficiles à sonder autrement.

Limites

  • Limitée aux planètes jeunes, massives et éloignées de leur étoile.
  • La masse dépend de modèles d'évolution, donc incertaine.
  • Exige les plus grands télescopes et des instruments spécialisés.
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Schéma de la microlentille gravitationnelle La lumière d'une étoile lointaine est courbée par la gravité d'une étoile plus proche alignée avec la Terre. La courbe d'amplification forme une bosse, avec un pic bref causé par la planète. Terre étoile-lentille source Amplification signal de la planète

292 planètes découvertes · 4,5 % du catalogue

Microlentille gravitationnelle

Quand une étoile passe devant une étoile plus lointaine, sa gravité agit comme une lentille et amplifie temporairement la lumière de l'arrière-plan. Une planète autour de l'étoile-lentille ajoute une brève anomalie.

L'alignement ne se produit qu'une fois, et la signature planétaire dure de quelques heures à quelques jours. La méthode révèle des planètes froides, éloignées de leur étoile, jusqu'à des milliers d'années-lumière.

Forces

  • Sensible aux planètes de faible masse sur des orbites larges.
  • Détecte des systèmes très lointains, vers le centre de la Galaxie.
  • Ne dépend pas de la lumière émise par l'étoile hôte.

Limites

  • Événement unique, impossible à reproduire.
  • Distance et masse de l'étoile souvent mal contraintes.
  • Suivi ultérieur de la planète généralement impossible.
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Schéma de la méthode astrométrique Sur le ciel, une étoile sans planète suit une trajectoire rectiligne. Avec une planète massive, sa trajectoire ondule légèrement autour de cette ligne. sans planète : ligne droite avec une planète : ondulation Position de l'étoile sur le ciel (écart très exagéré)

6 planètes découvertes · 0,1 % du catalogue

Astrométrie

Au lieu de mesurer la vitesse de l'étoile, l'astrométrie suit sa position sur le ciel : une planète massive lui fait décrire une minuscule ellipse.

Le déplacement à mesurer est infime, de l'ordre du millième de seconde d'arc ou moins. La mission Gaia de l'Agence spatiale européenne rend ces mesures possibles pour un grand nombre d'étoiles.

Forces

  • Donne la masse réelle et l'inclinaison de l'orbite.
  • Sensible aux planètes massives sur des orbites larges.
  • Complète les mesures de vitesse radiale.

Limites

  • Exige une précision de position extrême.
  • Très peu de découvertes à ce jour.
  • Demande plusieurs années d'observation pour couvrir l'orbite.
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Schéma des variations du temps de transit Deux frises chronologiques : les transits prévus sont régulièrement espacés, tandis que les transits observés arrivent un peu en avance ou en retard à cause d'une autre planète. prévus observés avance ou retard : quelques minutes à quelques heures

29 planètes découvertes · 0,4 % du catalogue

Variation du temps de transit

Dans un système à plusieurs planètes, les attractions mutuelles avancent ou retardent légèrement les transits. Mesurer ces écarts révèle d'autres planètes, parfois invisibles en transit.

Les écarts, de quelques minutes à quelques heures, permettent aussi d'estimer la masse des planètes sans recourir à la vitesse radiale. Kepler-19 c compte parmi les premières planètes découvertes ainsi, en 2011.

Forces

  • Révèle des planètes qui ne passent pas devant leur étoile.
  • Estime des masses à partir de la seule photométrie.
  • Renseigne sur l'architecture des systèmes multiples.

Limites

  • Nécessite au moins une planète en transit dans le système.
  • Efficace surtout près des résonances orbitales.
  • Plusieurs configurations peuvent expliquer les mêmes écarts.
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